Interviews de
Slash

Slash

La Fleur au fusil

Par Xavier Bonnet

Mars 2010

 

La quarantaine passée, l’ancien flingueur de Guns n’ Roses a décidé de ne plus se prendre la tête. Qu’il s’agisse de finaliser un premier album solo réunissant une douzaine de chanteurs différents ou de (ne pas) répondre aux insultes de son ancien compère Axl Rose…

 

Santana avait donné le ton il y a quelques années. Avec des résultats pour le moins inégaux, voir égaux dans le n’importe quoi dans les yeux de certains. Bref, réunir comme ça une ribambelle de gosiers venus de tous les horizons, au-delà de l’effet générique garanti – ici, et dans l’ordre d’apparition, Ian Astbury (The Cult), Ozzy Osbourne, Fergie (Black Eyed Peas), Chris Cornell (Soundgarden, Audioslave), Andrew Stockdale (Wolflmother), Adam Levine (Maroon 5), Lemmy Kilmister (Motorhead), Kid Rock, M. Shadows (Avenged Sevenfold), Myles Kennedy (Alter Bridge), Rocco Deluca, Iggy Pop, sans oublier cette association improbable entre Alice Cooper et Nicole Scherzinger (Pussycat Dolls) sur un titre d’une version collector de l’album-, pouvait s’avérer une opération des plus casse-gueule. Slash n’y a vu lui, qu’autant d’occasions de se faire plaisir, de plaquer quelques belles tourneries de guitares, quelques solos toujours aussi clinquants. Maigre bilan ? le débat est ouvert.

Le grand frisé à l’inséparable haut-de-forme l’avoue volontiers : côté prises de globe, il a déjà donné. Que ce soit avec un certain Axl avec (et après) Guns n’ Roses ou le dénommé Weiland au sein de Velvet Revolver avant que celui-ci renoue avec ses ex de Stone Temple Pilots. Et il ne semble guère disposé à renouveler sa cotisation en la matière. Tant pis pour nos illusions ?

 

Vous arrêtez de fumer ? Alors qu’on de vous a jamais vu éloigné d’un paquet de cigarettes de plus de …

….vingt centimètres ? ça fait presque un an et je ne m’en sors pas trop mal…

 

Après l’arrêt de la drogue et de l’alcool il y a trois ans puis la clope maintenant. Un ultime adieu à votre rock n’roll life d’antan ?

Je ne placerais pas la cigarette dans le même sac que les deux autres, mais il y a un peu de ça oui.

 

Une rumeur veut que Michael Jackson ait failli participer à l’album.

L’idée de l’appeler m’a traversé l’esprit, mais ça n’est pas allé plus loin. Qui plus est, c’était juste au moment de l’annonce de ses shows à Londres, et il me semblait évident qu’il serait trop accaparé par tout ce ramdam pour se consacrer à un autre projet comme le mien, écrire une chanson,…

 

Autre absent de marque, jack White, qui aurait été d’accord pour jouer de la batterie ou de la guitare, mais pas chanter. Bizarre, non ?

Pas du tout. Je comprends parfaitement. Il y a des gens comme ça qui ne se sentent pas particulièrement à l’aise avec la musique des autres quand il s’agit de chanter. Dave Grohl a réagi de la même façon, c’est pour ça qu’il ne joue que la batterie sur un titre (l’instrumental Watch This, où l’on croise également Duff McKagan, le fidèle des années Guns et Velvet Revolver, ndlr)

 

En dehors d’une décapotable pour Iggy Pop et des pommes chips accompagnées de bourbon pour Lemmy, quels furent les caprices auxquels vous avez dû céder ?

Tu es au courant de ça ? Ce furent les deux exigences les plus particulières ! Les autres ont été d’une discrétion exemplaire ! (rires)

 

Vous avez eu des commentaires plutôt élogieux à l’encontre de Fergie, notamment par rapport à l’aspect rock de son chant. Et si ce n’était pas elle , la meilleure option pour une reformation du Guns n’ Roses d’origine « moins un » ? Puis concernant le port du short, on y gagnerait peut être au change ?

A part ce dernier point, la réponse est non (rires). C’est vrai que je la verrais bien prendre un virage plus rock dans sa carrière solo. Mais pour ce qui est combler ce qui devait l’être, que ce soit chez Guns n’ Roses ou Velvet Revolver, c’est une autre histoire…

 

Vous avez insisté dans d’autres interviews sur l’aspect décontracté et sans pression des séances d’enregistrement…

C’est parce que je suis passé par tant et tant de crises avec els groupes auxquels j’ai pu collaborer que cette dernière expérience m’a éclairé sur le fait qu’elles n’étaient pas indispensables…
Les prises de tête, le bordel généralisé ne nourrissent pas la créativité, c’est de la connerie tout ça ! Tu ne peux pas composer une bonne chanson si c’est le délire autour de toi…

 

En êtes vous vraiment sûr ?

Assez oui.

 

Pourtant, Guns N’ Roses en est le contre-exemple. Sans parler de vos potes d’Aerosmith…

Les meilleurs albums qu’ont faits ces deux groupes correspondent à des périodes d’harmonie. C’est encore plus vrai pour Guns. Quand nous faisions Appetite For Destruction , nous étions très proches les uns des autres, heureux ensemble, même si tout autour et dans nos vies personnelles, c’était le chaos absolu. Idem pour Aerosmith quand on y repense. Leur deux meilleurs albums, Toys in the Attic et Rocks, ils les ont faits en cherchant ensemble à atteindre les sommets…

 

Deux questions sur Axl. La première, donc : d’un strict point de vue musical, cette combustion entre sa voix et votre guitare vous a-t-elle, ne serait ce qu’une seule fois, manqué lors de l’élaboration de cet album ?

Disons qu’il y a des moments, sur tel ou tel passage de tel ou tel titre, où certains noms ont fusé entre nous et il était l’un de ceux là.(sourire). Oui, il m’est arrivé de penser à lui, et ça me parait on ne peut plus normal. Si tu en viens à parler grands chanteurs, il en fait naturellement partie. D’ailleurs, il aurait pu chanteur n’importe quelle chanson de l’album ! Mais de là à ce que je décroche mon téléphone…

 

Avez-vous été surpris par la violence de certains de ses propos l’an dernier à votre encontre, où ont quand même fusé des mots comme « cancer » ou « pute ». Pourquoi tant de violence ?

C’est du Axl tout craché ! Comme un besoin chez lui de monter dans les tours… Je suis même surpris qu’il s’en soit tenu à ça… Que veux tu que je te dise ? Tu laisses pisser, trouvant ça plus triste qu’autre chose ; et puis voilà…

 

Vous êtes autant connu comme personnage virtuel de Guitar Hero qu’en tant que musicien « vivant » ?

Bah, ce n’est pas vrai que pour les moins de 6 ans (rires). C’est un truc dont je me suis rendu compte il y a peu de temps en voyant des gamins bien plus jeunes que mon public habituel venir vers moi sans la moindre idée de qui j’étais ou avais été. Mais en même temps, ces mêmes gosses qui, autrement et pour la plupart, n’y auraient peut être jamais été exposés.
Donc l’un dans l’autre…

 

Dans votre biographie sortie il y a trois ans, on peut lire cette phrase : Etre une rockstar, c’est être à l’intersection de ce que vous être et de ce que vous voulez être. Avez-vous trouvez l’intersection ?

(rires) Disons que j’en ai une idée de plus en plus précise.

 

Même votre femme vous appelait Slash. Plus personne pour le faire par votre vrai prénom, Saul ?

Non, à part les courriers administratifs ! (Rires)

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